La réforme de la dépendance, encore repoussée :

C’est notre système de solidarité qui est en jeu !

Attendue depuis la canicule de l’été 2003, qui avait fait, faut-il le rappeler, près de 20.000 morts dans notre pays, la réforme de la dépendance des personnes âgées, qui devait être l'un des grands chantiers de Nicolas Sarkozy, est une nouvelle fois reportée, à "début 2012" au moins, selon les déclarations du Premier ministre. Autant dire que cette réforme, serpent de mer du quinquennat de Sarkozy, quatre fois reportée, risque de ne jamais voir le jour.

Pourtant, le 8 février 2011, le Président de la République avait lancé solennellement un débat national sur la perte d’autonomie en justifiant l’urgence de cette décision par un fait incontestable : «la démographie, elle, n'attendra pas ». Sept mois plus tard, le Premier ministre vient de sacrifier cette réforme sur l’autel de la crise. Cette décision est une très mauvaise nouvelle pour les familles et les départements de France.

Nos concitoyens ne peuvent, en effet, plus attendre. Avec un reste à charge qui ne cesse de progresser, une qualité d’encadrement dans les établissements mise à mal, faute de moyens, et des services d’aides à domicile toujours aussi fragiles financièrement, les familles sont désemparées et ne savent plus à qui s’adresser pour la prise en charge de leurs aînés.

Piliers de ce système, les conseils généraux sont eux-mêmes en difficulté face à cette situation. Ils ne disposent plus aujourd’hui des moyens suffisants pour faire face au désengagement continu de l’Etat dans le financement des allocations individuelles de solidarité dont l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) fait partie. Si la tendance se poursuivait, ils ne seront bientôt plus à même de remplir leur mission de solidarité à l’égard des Français. Or, l’urgence est à la sauvegarde de notre modèle de solidarité nationale.

Assurer la pérennité du système de prise en charge qui bénéficiera aux 12 millions de personnes susceptibles de se trouver en situation de perte d’autonomie est avant tout une question de priorité politique, d’équité sociale, de solidarité intergénérationnelle, et pas uniquement de financement.

corbe

histogramme

Il est donc impératif que le gouvernement prenne les mesures d’urgence qui s’imposent afin de répondre à la crise majeure qui s’annonce pour les familles de France.

Mais dans cette période de crise profonde qui ronge le cœur même du système capitaliste ultra-libéral mondialisé avec ses cortèges de plans d’austérité, le nouveau maître mot de Nicolas Sarkozy et son gouvernement est qu’il ne faut surtout pas « désespérer les marchés financiers », mais plutôt « contenter les agences de notation ». Et tant pis pour nos aînés, pour nos jeunes, pour nos chômeurs, pour nos mal-logés, pour nos bénéficiaires des minima sociaux, pour nos malades ; bref, pour tous ceux qui ne sont pas financièrement «

Publiez cet article sur votre réseau social préféré :

Deli.cio.us    Digg    reddit    Facebook    StumbleUpon    Newsvine

Mis à jour (Vendredi, 28 Octobre 2011 09:33)