Inauguration de la crèche Olympe-de-Gouges (Septembre 2009)
Discours de Paul da Silva
Conseiller général de l’Essonne
Inauguration de la crèche Olympe-de-Gouges à Viry-Chatillon
30 septembre 2009
Madame le Maire de Viry-Chatillon,
Monsieur le Président de la communauté d’agglomération des Lacs de l’Essonne,
Madame la Conseillère régionale d’Ile-de-France,
Madame la Présidente de la Caisse d’allocations familiales de l’Essonne,
Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis
Comme vous le savez, la question de la garde d’enfant est source d’inquiétude certaine pour les jeunes parents ou futurs parents, car il n’est pas du tout évident de répondre facilement aujourd’hui à la question : "comment trouver une solution de garde pour mes enfants ?" C'est pourquoi, depuis 1999, le Département de l’Essonne poursuit une politique particulièrement volontaire en matière de développement et de diversification des modes d'accueil et de garde de la Petite enfance.
Avec cette inauguration, nous consacrons une démarche largement partagée et qui est à l’origine du schéma de l'enfance et des familles 2005-2010 qui a été adopté à l'unanimité par l'Assemblée départementale le 14 novembre 2005.
Quatre idées maîtresses guident notre action :
- Le primat accordé à la prévention sous toutes ses formes.
- La recherche d’une plus grande réactivité dans le traitement des signalements d’enfants en danger.
- L’amélioration de la qualité de la prise en charge des mesures de prévention et de protection pour les enfants et leurs familles.
- Le renforcement des structures d’accueil et du travail en réseaux : réseaux des professionnels sociaux et médico-sociaux ; réseaux de santé, réseaux associatifs et de voisinage.
Le Conseil général a réaffirmé cette orientation en s’engageant à ce que 2000 places d’accueil supplémentaires soient créées entre 2005 et 2009 en crèche et chez les assistantes maternelles pour améliorer la garde d'enfants dans l'Essonne.
Pour atteindre cet objectif, le Conseil général s’est engagé dans une politique d’aide financière pour la création et le fonctionnement des équipements de la Petite Enfance. La participation du Département au coût de création des structures « Petite Enfance » qui représentait 1,5 M€ en 2001, a atteint 5,25 M€ en 2006.
Pour la construction et l’équipement matériel et mobilier du multi accueil «Olympe de Gouges», le département a alloué en 2007 à la ville de Viry-Chatillon une subvention d’un montant de 373 000€ ce qui représente 31% du coût de l’opération.
Le département soutient également les gestionnaires (communes, intercommunalités, associations…) en leur versant une participation aux frais engendrés par l’accueil de chaque enfant inscrit dans leurs structures. Ces aides à la garde d'enfants représentaient 8,5 M€ en 2001, elles s’élèvent à 10,2 M€ en 2006.
Cette politique d’aide généraliste est renforcée par des dispositions complémentaires prenant en compte les situations particulières des familles. Elle se traduit également par des financements non obligatoires, notamment : les subventions en investissement des établissements Petites Enfance ; l’indemnité de formation pour les assistants maternels dans le cadre de la formation obligatoire ; la mise en place d’une cellule de soutien aux projets des communes de moins de 5 000 habitants…
Mais je ne peux vous cacher mon inquiétude sur le devenir du secteur de la « petite enfance » dans notre pays. En effet les mesures gouvernementales actuelles ne nous permettent pas d’être très optimistes. La secrétaire d’Etat à la famille n’a-elle pas annoncé récemment vouloir expérimenter rapidement des « jardins d’éveil » pour les 2-3 ans afin de se substituer à l’école maternelle. On le voit donc, une fois de plus l’Etat qui se désengage. Pourtant l’évolution de l’enfant mérite bien de passer avant des impératifs de rentabilité. Toutes les études montrent que les effets positifs de la scolarisation précoce sont incontestables sur la réussite scolaire de l’enfant.
Par ailleurs, le manque de structures d’accueil, le recours à l’accueil dans le privé faute de structures publiques, les menaces qui pèsent sur l’école maternelle constituent le tout premier obstacle à l’accès ou au maintien des femmes dans l’emploi. Alors que celles-ci sont touchées de plein fouet par cette crise financière, l’objectif du gouvernement en matière de « petite enfance » ne fera qu’aggraver la situation de la femme dans notre société.
Pour le département de l’Essonne, ce sont aujourd’hui 72% des femmes de 20 à 60 ans qui exercent une activité professionnelle et 55% d’enfants qui bénéficient d’un mode d’accueil, soit chez un assistant maternel, soit en établissement ou service.
Et c’est un signe fort d’avoir donné à cette crèche le nom d’Olympe-de-Gouges, militante féministe pendant la Révolution, auteur, entre autres, d’une « déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », dans laquelle elle réclamait déjà l’égalité entre l’homme et la femme. Elle fut aussi une des premières à théoriser, dans ses grandes lignes, le système de protection maternelle et infantile que nous connaissons aujourd’hui.
Mesdames et Messieurs, chers amis,
Contre la frénésie du gouvernement actuel de vouloir tout privatiser, tout marchandiser - la Poste en est le dernier exemple en date - nous devons continuer d’exiger un service public de la « Petite enfance » qui ne doit pas être un secteur soumis à la loi de la rentabilité mais au contraire, il faut tout mettre en œuvre pour que le jeune enfant puisse s’épanouir correctement en dehors de tout enjeu financier et spéculatif.
Il faut surtout un engagement politique fort dans ce secteur et aussi une véritable politique de formation de personnel en nombre suffisant, c’est le seul moyen d’assurer à toutes les familles un accueil sécurisé pour les enfants, qui offre des moyens d’éveil, d’apprentissage, de socialisation à un coût financier supportable. Le Conseil général de l’Essonne entend jouer un rôle majeur, aux côtés des autres collectivités territoriales concernées, pour la mise en place d’une telle politique de service public efficace, performant et accessible à tous.
Je terminerai mon propos avec une citation célèbre de la romancière brésilienne Sya Luft dans son roman « Pertes et profits » : « L’enfance est le sol sur lequel nous marcherons toute notre vie ».
Je vous remercie de votre attention.




